Une solidarité au fil des pâturages
À Koussana et Makhal Oulad Zeyd, les réfugiés venus du Mali ont trouvé un accueil chaleureux, malgré la pression sur les ressources naturelles. Ayad Ag Mohamed se souvient :
« Nous partageons avec la communauté locale les ressources naturelles et les services sociaux de base, et nous vivons dans un esprit de cohésion et de solidarité. »
Cet esprit de vivre-ensemble est devenu la pierre angulaire du projet Net’Aïchou, qui à travers l’appui financier de l’Union européenne et la mise en œuvre par Action contre la Faim et ADICOR a renforcé la cohésion sociale en créant des espaces de dialogue pour anticiper les tensions et préserver la paix.
Les porteurs de droits et d’espoir ont ensuite découvert des pratiques nouvelles et utiles. Ayad marque désormais ses vaches et petits ruminants avec des boucles électroniques, une alternative moderne et respectueuse au fer chaud. Khaybou, formé comme auxiliaire vétérinaire, est devenu un relais essentiel pour la santé animale:
« Grâce au projet Net’Aïchou, j’ai pu acquérir des compétences utiles en pratiques pastorales et devenir un relais vétérinaire dans mon village. Cela me permet d’aider ma communauté avec ce nouveau moyen de subsistance » mentionne Khaybou ould Bekaye agropasteur.
Vente de bétails à la foire de Fassala
Mohamed Ag Mohamed dit Mobbo, notable et membre du comité de concertation, a lui aussi bénéficié du marquage et des soins vétérinaires, constatant une amélioration tangible de la santé et de la productivité de son cheptel. Il raconte avec fierté sa participation à la foire de Fassala :
« J’ai vendu dix bovins lors de la foire de Fassala, ce qui m’a permis de couvrir les besoins essentiels de ma famille. »
Les bénéficiaires décrivent une transformation tangible dans leur quotidien. Leurs troupeaux, désormais identifiés par des boucles électroniques, bénéficient d’un suivi sanitaire plus rigoureux grâce aux auxiliaires vétérinaires formés. Ce suivi régulier réduit considérablement les risques d’épizooties et permet aux animaux de rester en meilleure santé, ce qui se traduit indirectement par une plus grande robustesse et une meilleure production de lait. Par ailleurs, les foires de déstockage et les infrastructures pastorales mises en place offrent des revenus réguliers et des services durables, renforçant ainsi la sécurité économique des familles.
Distribution d'aliment bétail pour une la période de soudure.
Au-delà de ces bénéfices individuels, Ayad, Khaybou et Mobbo portent une voix commune : le projet Net’Aïchou a consolidé la résilience, l’autonomie et la dignité des réfugiés comme des communautés hôtes. Il a favorisé une coexistence pacifique et solidaire, où chacun devient acteur du changement. Ensemble, ils recommandent d’élargir les campagnes de marquage pour couvrir davantage de bêtes, de renforcer les formations pratiques afin de consolider les compétences locales, de poursuivre les appuis en vivres, soins vétérinaires et alimentation animale en période de soudure, et de faciliter l’accès à l’eau en réduisant le coût du fût de 200 litres.
À travers les témoignages croisés d’Ayad, Khaybou et Mobbo, se dessine une histoire commune : celle de communautés qui, grâce à leur implication et au projet Net’Aïchou, ont su transformer les défis du déplacement et du changement climatique en opportunités de solidarité, de modernisation et de paix durable.